Kenneth Lasoen, enseignant en études du renseignement et de la sécurité à l’Université d’Anvers et également expert au sein du Centre de connaissances en Security Intelligence, constate lors d’une émission de radio de la VRT que des organisations comme l’OTAN sont régulièrement confrontées à l’espionnage. Lasoen fait cette déclaration après qu’il a été révélé qu’au principal quartier général militaire de l’OTAN à Mons (Belgique), également appelé SHAPE (Supreme Headquarters Allied Powers Europe), une Canadienne d’origine chinoise a été arrêtée. La femme y travaillait depuis peu comme stagiaire et est soupçonnée d’espionnage ainsi que de participation à une organisation criminelle. Plus d’informations sur cette affaire sont disponibles dans l’article du Monde : ‘OTAN : soupçons d’espionnage au siège du commandement militaire de l’organisation’

Écoutez ici l’extrait audio de Kenneth Lasoen dans une émission de radio de la VRT 

La Belgique et l’OTAN comme cibles attractives

Selon Lasoen, cette affaire n’a rien d’une surprise. Au cours de l’émission, il déclare : « L’OTAN est évidemment une cible prioritaire pour un certain nombre de pays, en particulier nos adversaires stratégiques. » Les institutions de l’OTAN, tout comme celles de l’Union européenne, constituent depuis longtemps des cibles intéressantes pour les services de renseignement étrangers. La Belgique occupe à cet égard une position particulière. En raison de la présence d’organisations internationales, de représentations diplomatiques et de structures militaires, une grande quantité d’informations politiques, militaires et stratégiquement sensibles y est concentrée sur un territoire relativement restreint. Cela rend le pays et ses institutions particulièrement attractifs pour les acteurs étatiques cherchant à recueillir des renseignements.

L’infiltration via une stagiaire comme méthode classique

Dans l’émission, Lasoen souligne que le recours à une stagiaire pour infiltrer une organisation n’a rien d’exceptionnel, mais correspond au contraire à un schéma bien connu. Comme il le dit lui-même : « C’est bien sûr une méthode classique pour infiltrer une organisation. » Même une personne occupant un poste en apparence modeste peut avoir accès à des réseaux internes, à des processus, à des personnes et à des informations. Au sein du SHAPE, il ne s’agit d’ailleurs pas de données quelconques, mais d’informations pouvant avoir une grande valeur pour des puissances étrangères, telles que des plans de défense, de la documentation technique, des données sur le matériel ainsi que des informations opérationnelles plus

Une tendance plus large

Lasoen inscrit clairement cet incident dans un phénomène plus large. Ces dernières années, plusieurs affaires d’espionnage ont été révélées, ce qui montre que cette menace n’est pas ponctuelle, mais structurelle. Il souligne également que certaines opérations semblent moins subtiles qu’auparavant. Cela ne signifie pas que la menace est moindre, mais au contraire que des États et des réseaux continuent activement à rechercher des moyens de pénétrer au sein d’organisations vitales. Dans le même temps, cette affaire montre à quel point les mesures de sécurité restent indispensables. Le filtrage des personnes, les procédures internes, la surveillance et le contre-espionnage sont essentiels pour intervenir à temps. Le fait que la suspecte ait été repérée relativement rapidement montre que la vigilance porte ses fruits. L’OTAN a également indiqué que l’état de préparation opérationnelle, la chaîne de commandement et les missions en cours n’avaient pas été affectés.

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