Le 6 février le ministère de la Défense a annoncé que le Service de renseignement et de sécurité militaire (MIVD) avait découvert un malware attribué à un acteur étatique chinois sur l’un de ses réseaux. Ce logiciel malveillant. avait été installé sur un réseau de recherche et développement. Cette découverte par le MIVD confirme une fois de plus que la menace liée à l’espionnage chinois est bien réelle et ciblée.  

Avertissements concernant les malwares et l’espionnage chinois 

Depuis environ 2010, l’AIVD (Service général de renseignement et de sécurité) et le MIVD (Service de renseignement et de sécurité militaire) tentent de sensibiliser la société et le monde politique aux risques liés à l’espionnage chinois. Ils le font — et continuent de le faire — notamment à travers leurs rapports annuels publics. Dès 2010, ces services avertissaient déjà que les entreprises néerlandaises de haute technologie constituaient une cible privilégiée pour l’espionnage chinois. Un an plus tard, le rapport annuel de l’AIVD soulignait que les Pays-Bas « représentent une cible attrayante pour l’espionnage économique et technico-scientifique ». Au fil des années, les efforts de contre-ingérence de l’AIVD et du MIVD se sont de plus en plus orientés vers la cyber-espionnage chinois. En 2015, l’AIVD a désigné la Chine comme « la plus grande menace pour la sécurité nationale ». En 2018, c’est le MIVD qui a averti de manière explicite contre l’espionnage numérique chinois visant les infrastructures vitales néerlandaises, le secteur des télécommunications, les universités, les entreprises high-tech et l’industrie de la défense. En 2019, l’AIVD a de nouveau alerté sur le fait que les secteurs stratégiques et les technologies de pointe néerlandaises étaient de plus en plus la cible de l’espionnage chinois. L’agence ajoutait une prévision inquiétante : du fait des investissements massifs de la Chine dans l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et la technologie 5G, le pays risque de rendre le reste du monde dépendant de ses standards technologiques.  

Les malwares chinois comme menace mondiale 

Les services de renseignement néerlandais ne sont évidemment pas seuls face à ce problème. De nombreux alliés occidentaux — tels que le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie — ont émis des avertissements similaires concernant cette même menace. Les homologues américains ont peut-être été les plus explicites quant aux risques posés par les malwares chinois. En janvier 2024, le FBI, la NSA et la CISA ont publié une déclaration conjointe désignant les hackers pilotés par l’État chinois comme responsables d’une campagne menée depuis plusieurs années, visant à s’implanter dans les systèmes informatiques des infrastructures critiques américaines : centrales électriques, oléoducs et gazoducs, ainsi que stations d’épuration. Le directeur du FBI a qualifié cette menace de« menace de notre génération »Cette évolution montre que l’intérêt de la Chine ne se limite plus à l’espionnage économique et scientifique, mais s’élargit à la création de capacités de sabotage numérique, destinées à infliger des dommages à l’adversaire en cas de conflit futur, en paralysant ses infrastructures critiques — une méthode que l’on connaissait déjà de la part de la Russie.  

L’espionnage comme instrument de l’ascension de la Chine vers le statut de superpuissance 

La Chine ambitionne de devenir une superpuissance te worden die niet onder hoeft te doen voor die ene andere supermacht. Een supermacht die onbetwist capable de rivaliser avec l’unique autre superpuissance mondiale. Une puissance en mesure de prendre, sans contestation, les décisions géopolitiques qu’elle estime nécessaires, comme l’éventuelle prise de Taïwan ou de parties de la mer de Chine méridionale. Le pays te bemachtigen die het daarvoor nodig heeft, linksom of rechtsom. Met andere woorden: door middel van wereldwijde investeringen, overnames en samenwerking, maar waar dat niet toereikend is, door digitale spionage.  

Le pays est déterminé à acquérir tous les instruments économiques, militaires et technologiques indispensables pour y parvenir, par tous les moyens : investissements mondiaux, acquisitions, coopérations… et, lorsque cela ne suffit pas, espionnage numérique. Compte tenu de l’ampleur massive de l’espionnage chinois et de la nature de ses cibles, il n’est guère surprenant qu’un réseau néerlandais de recherche en défense figure lui aussi sur la longue liste des victimes. Pour la Chine, les avancées militaro-technologiques occidentales présentent un intérêt stratégique majeur, car elle souhaite pouvoir les anticiper.  

Expertise et renseignement de sécurité  

La résilience commence par la prise de conscience. Les pouvoirs publics, les entreprises, le monde scientifique mais aussi la société dans son ensemble doivent réaliser que les Pays-Bas disposent d’un savoir considérable et de grande qualité. Un savoir dont la Chine a besoin pour son développement — et qu’elle cherchera à obtenir par tous les moyens. Ces connaissances doivent donc être préservées et protégées : un dilemme dans un monde où la coopération internationale est la norme et où les frontières sont souvent perçues comme un frein au développement. Dans ce contexte ouvert, c’est une tâche herculéenne pour l’AIVD et le MIVD que de tenir les services de renseignement hostiles à distance. Une mission qui ne peut être menée à bien sans une coopération étroite avec des institutions de recherche et des entreprises conscientes des enjeux de sécurité. 

Le Centre de Connaissances Security Intelligence contribue, par ses recherches et ses formations, au développement des connaissances, à la sensibilisation et au renforcement de la résilience face à l’espionnage international.  

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